◘ Carnage aux portes du bureau ◘
Publié le 10 Avril 2013

DAMAS – C’était un jour ordinaire à Damas. Une matinée comme toutes les autres, où l’on se réveille au son des bombes qui tombent sur la banlieue de la ville et où l’on envoie ses enfants à l’école sans savoir si on les reverra le soir. Il y a quelques jours, le technicien du bureau de l’AFP a été blessé par une roquette qui est tombée à côté de sa voiture.
Ce lundi 8 avril, j’ai donc déposé mes enfants à l’école et j’ai pris le chemin de mon travail en essayant, comme à chaque fois, de choisir la route la moins encombrée par les barrages et les postes de contrôle en tout genre. Au bureau de l’AFP Damas, j’ai retrouvé mes collègues Rim Haddad et Georges Boustani. Je me suis assis à ma table, j’ai posé mon sac de matériel photo à côté de moi et j’ai commencé à lire les nouvelles dans le journal.

Soudain, une énorme explosion a retenti et j’ai senti quelque chose qui me tombait sur la tête. Les gens ont crié. Un nuage de poussière a envahi le bureau et toutes les vitres ont éclaté. J’ai tâté mon corps, ma tête, pour m’assurer que je n’étais pas blessé. J’ai vérifié si mes collègues étaient sains et saufs. Ils l’étaient.
L’étape suivante a consisté à m’éloigner du lieu où je me trouvais et à mettre mes appareils photo en sécurité. Nous ignorions, à ce stade, s’il s’agissait d’une voiture piégée ou bien si notre immeuble avait été touché par un tir de mortier. Craignant une nouvelle explosion, nous nous sommes tous dépêchés de nous tenir bien à l’écart des endroits les plus exposés du bureau.
Je me suis caché dans un coin avec un téléobjectif. De là où je me trouvais, je pouvais voir le lieu de l’explosion, à environ 200 mètres du bureau, sans être vu moi-même depuis l’extérieur. J’ai commencé à prendre des photos.
Puis je suis descendu dans le hall de l’immeuble et j’ai continué à prendre des images depuis derrière le portail. Si j’étais sorti dehors tout de suite, j’aurais été le seul photographe sur les lieux. Cela aurait éveillé les soupçons. Alors je suis resté dans l’immeuble jusqu’à ce que je voie arriver une équipe de la télévision d’Etat syrienne. C’est alors que je suis pour rejoindre les reporters de la télévision et que j’ai commencé à prendre des photos au grand angle.

Difficile, toutefois, de se concentrer sur son travail quand on vient d’échapper à la mort (l'explosion a eu lieu dans la rue où je gare en général ma voiture mais ce matin-là, par hasard, j'étais arrivé par l'autre côté). Et quand on marche au milieu des cadavres, des blessés, des passants terrorisés, des voitures calcinées, des palmiers en feu.
L’attentat suicide de lundi (voir ici la dépêche AFP sur le sujet) était le premier de ce genre dans le centre de la capitale syrienne. Il a fait quinze morts et une cinquantaine de blessés.
(L’AFP est l’un des derniers médias étrangers à avoir conservé à Damas un bureau permanent)

DAMAS – C’était un jour ordinaire à Damas. Une matinée comme toutes les autres, où l’on se réveille au son des bombes qui tombent sur la banlieue de la ville et où l’on envoie ses enfants à l’école sans savoir si on les reverra le soir. Il y a quelques jours, le technicien du bureau de l’AFP a été blessé par une roquette qui est tombée à côté de sa voiture.
Ce lundi 8 avril, j’ai donc déposé mes enfants à l’école et j’ai pris le chemin de mon travail en essayant, comme à chaque fois, de choisir la route la moins encombrée par les barrages et les postes de contrôle en tout genre. Au bureau de l’AFP Damas, j’ai retrouvé mes collègues Rim Haddad et Georges Boustani. Je me suis assis à ma table, j’ai posé mon sac de matériel photo à côté de moi et j’ai commencé à lire les nouvelles dans le journal.
Soudain, une énorme explosion a retenti et j’ai senti quelque chose qui me tombait sur la tête. Les gens ont crié. Un nuage de poussière a envahi le bureau et toutes les vitres ont éclaté. J’ai tâté mon corps, ma tête, pour m’assurer que je n’étais pas blessé. J’ai vérifié si mes collègues étaient sains et saufs. Ils l’étaient.
L’étape suivante a consisté à m’éloigner du lieu où je me trouvais et à mettre mes appareils photo en sécurité. Nous ignorions, à ce stade, s’il s’agissait d’une voiture piégée ou bien si notre immeuble avait été touché par un tir de mortier. Craignant une nouvelle explosion, nous nous sommes tous dépêchés de nous tenir bien à l’écart des endroits les plus exposés du bureau.
Je me suis caché dans un coin avec un téléobjectif. De là où je me trouvais, je pouvais voir le lieu de l’explosion, à environ 200 mètres du bureau, sans être vu moi-même depuis l’extérieur. J’ai commencé à prendre des photos.
Puis je suis descendu dans le hall de l’immeuble et j’ai continué à prendre des images depuis derrière le portail. Si j’étais sorti dehors tout de suite, j’aurais été le seul photographe sur les lieux. Cela aurait éveillé les soupçons. Alors je suis resté dans l’immeuble jusqu’à ce que je voie arriver une équipe de la télévision d’Etat syrienne. C’est alors que je suis pour rejoindre les reporters de la télévision et que j’ai commencé à prendre des photos au grand angle.
Difficile, toutefois, de se concentrer sur son travail quand on vient d’échapper à la mort (l'explosion a eu lieu dans la rue où je gare en général ma voiture mais ce matin-là, par hasard, j'étais arrivé par l'autre côté). Et quand on marche au milieu des cadavres, des blessés, des passants terrorisés, des voitures calcinées, des palmiers en feu.
L’attentat suicide de lundi (voir ici la dépêche AFP sur le sujet) était le premier de ce genre dans le centre de la capitale syrienne. Il a fait quinze morts et une cinquantaine de blessés.
(L’AFP est l’un des derniers médias étrangers à avoir conservé à Damas un bureau permanent)
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Carnage aux portes du bureau - Making-of
http://blogs.afp.com/makingof/?post/2013/04/09/Carnage-aux-portes-du-bureau
posté par : www.agendaide.fr - échange de services entre particuliers le 10.04.2013
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