"Voulez-vous mourir dans d'atroces souffrances ?"

Publié le 17 Décembre 2012

Pourquoi le débat sur l'euthanasie est (partiellement) vicié par des questions idiotes

Le rapport de la mission Sicard sur la fin de vie sera remis à François Hollande mardi. Ce document contiendra des propositions pour améliorer la loi Léonetti, dont le dispositif est jugé insatisfaisant par les tenants d'une "mort choisie". Atlantico : En centrant leurs questions sur la douleur et la dignité, les sondages visant à mesurer l'état de l'opinion sur l'euthanasie n'orientent-ils pas le débat en occultant la problématique du rapport à la mort ? Ne sommes-nous pas en train de construire une opinion pro-euthanasie ? Eric Deschavanne : Je ne crois pas une seconde que les sondages "construisent" l'opinion. Ils demandent bien entendu à être interprétés mais ils traduisent à l'évidence une adhésion massive à l'idée d'euthanasie active, ou plus exactement à celle du suicide assistée. La question qui est en substance posée est à peu près toujours la suivante : "Vous êtes à l'article de la mort, votre mal est incurable, vous souffrez terriblement, souhaitez-vous avoir la liberté de demander que l'on abrège vos souffrances ?" Qui pourrait souhaiter demeurer enfermé dans la prison de la souffrance ? Ce qui détermine la prise de position en faveur de l'euthanasie, c'est la peur de la souffrance et la revendication du droit de bénéficier de "l'ultime liberté" (le suicide), perçu comme la seule réponse susceptible d'apaiser cette peur. Peut-on parler d’une instrumentalisation de la peur de la souffrance, pourtant déjà largement encadrée par la loi Léonetti, par les pro-euthanasie ? Je n'utiliserais pas pour ma part le terme "instrumentalisation". Face à la terreur qu'inspire la perspective de la souffrance, celle aussi de la déchéance, de la démence et de la dépendance, l'aspiration à maîtriser les conditions de sa fin de vie est compréhensible. Il est vrai cependant que dans le processus de "fabrication" de cette opinion publique favorable à l'euthanasie, deux éléments déterminants viennent fausser la donne. Il y a d'abord la médiatisation de cas particuliers, qui (...)

Rédigé par Agendaide

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