La police ouvre une enquête après un reportage dans "7 à 8"

Publié le 17 Décembre 2012

La police des polices est chargée de retrouver deux CRS qui ont indiqué avoir reçu "des consignes" de ne pas rentrer dans une cité en proie au trafic de drogue.

Une enquête qui passe mal. Hier, la préfecture de police de Paris a ouvert une enquête disciplinaire suite à un reportage diffusé sur TF1. Le 25 novembre dernier, le magazine "Sept à Huit", présenté par Harry Roselmack, s'ouvrait sur un long sujet, intitulé "La loi des dealers", sur le trafic de drogue à Saint-Ouen (que puremedias.com vous propose de visionner ci-dessus).

La séquence qui a alerté la police des polices a été tournée en grande partie en caméra cachée dans la cité Emile Cordon. Alors qu'un riverain qui s'organise pour repousser les trafiquants de sa ville fait visiter la cité aux journalistes, un jeune au visage cagoulé se jette sur eux en leur disant "Dégage sinon je te brûle". Les journalistes alertent alors deux CRS qui patrouillent à quelques mètres de là. Ceux-ci se montrent totalement désabusés.

"On ne peut pas y rentrer, on a des consignes"

Inquiets pour la sécurité de l'homme qu'ils interrogeaient, et dont ils ont perdu la trace au sein de la cité, les journalistes croisent deux CRS auxquels ils demandent d'aller vérifier si leur interlocuteur n'a pas été agressé. Mais ceux-ci refusent d'intervenir : "On ne peut pas y rentrer. Parce qu'on n'a pas le droit. On a des consignes particulières et puis voilà". Aux reporters qui leur demandent de justifier leur refus d'intervenir, les deux CRS répondent : "Parce qu'il faut que tout se fasse. Il faut qu'eux puissent continuer de vivre. Il faut que les habitants soient rassurés et puis voilà. Je pense qu'il n'y a pas vraiment de volonté que le trafic s'arrête".

Ces propos ont choqué les journalistes, qui n'en font pas mystère en voix off du reportage. Mais ils ont aussi choqué la préfecture de police de Paris qui tente aujourd'hui d'identifier ces deux CRS et de déterminer quelles sont précisément les "consignes" qu'ils ont évoquées auprès des journalistes de "Sept à Huit". Selon Le Parisien, le cabinet de Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, suit de très près cette affaire.

Rédigé par Agendaide

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